Le niveau de connaissance des écosystèmes terrestres sur lequel porte l'essentiel des analyses pour la recherche de territoires d'intérêt pour la conservation est fourni par la description des constituants physiques du niveau 3 (les provinces naturelles).
Description des provinces naturelles
Pour le territoire québécois, la cartographie de ce dernier niveau a été réalisée par le ministère de l'Environnement, en collaboration avec les autorités fédérales responsables. Ce travail a abouti à la définition de 13 unités territoriales, les provinces naturelles (figure 1). Dans chaque province naturelle, une série d'informations vient se greffer autour de cette description. Elles complètent la description écologique de la province naturelle. Elles portent principalement sur le climat (Gerardin et McKenney, 2001), le réseau hydrographique, les lacs (Blais, 2001), le couvert végétal, la faune et l'utilisation du sol. La province naturelle constitue le niveau I - le plus général - des niveaux de perception écologique du Québec. C'est le niveau sur lequel s'appuie le rapport sur l'état de l'environnement ainsi que le projet de stratégie québécoise sur les aires protégées. Chacune des 13 provinces naturelles est considérée comme un grand complexe écosystémique qui conditionne globalement les secteurs de l'activité humaine (agriculture, foresterie, industrie, habitat humain, etc.).
Au Québec, les provinces naturelles sont à la base de la mise en place d'un réseau d'aires protégée. La mise en place d'aires protégées se fait sur la base d'une grande unité territoriale. Figure 1- Cadre écologique de référence du Québec : les provinces naturelles

Liste des provinces naturelles
A: Les Appalaches
B: Basses-terres du Saint-Laurent
C: Les Laurentides méridionales
D: les Laurentides centrales
E: Plateau de la Basse-Côte-Nord
F: Basses-terres de l'Abitibi et de la Baie James
G: Hautes-Terres de Mistassini
H: Basses collines de la Grande Rivière
I: Plateau central du Nord-du-Québec
J: Péninsules d'Ungava
K: Bassin de la bais d'Ungava
L: Mont Torngat
X: Estuaire du golfe du Saint-Laurent Source: Ministère de l'Environnement, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, février 1999.
Description de la province C dans lesquel sont situés les UAF 031-51 et 031-52
Province C
Les Laurentides méridionales (163 000 km2 )
Portrait sommaire Les Laurentides méridionales couvrent la partie sud-ouest du bouclier canadien au Québec. Elles sont faites d'assemblages de collines, de plateaux, de dépressions et de quelques massifs plus élevés. Le socle rocheux est surtout constitué de gneiss recouverts de dépôts glaciaires minces.

Au sud, le climat y est le plus clément du Québec ; il passe à froid et humide au nord, et il est localement très humide sur les massifs les plus élevés. Sous l'influence du climat, la végétation passe successivement de l'érablière à la sapinière à bouleau jaune, puis à la sapinière à bouleau blanc et même à la sapinière à épinette noire, dans les milieux les moins favorables.
Au nord de la province naturelle, quelques grands lacs et réservoirs donnent naissance à un réseau hydrographique bien développé, dont les axes majeurs sont ceux des rivières des Outaouais, Gatineau et Saint-Maurice.
La population se concentre dans les vallées et dans la région de Charlevoix. Les activités forestières dominent, quoiqu'on rencontre encore, ici et là, des terres agricoles. Les Laurentides méridionales accueillent la majorité des stations de sports d'hiver du Québec.
Description
Limites
Sur trois côtés, les limites suivent des zones d'effondrement géologique (grabens) correspondant à des événements tectoniques majeurs, liés à la dérive des continents, qui ont eu lieu il y a près de 500 millions d'années.
On trouve : au sud-ouest, le graben de Ottawa-Bonnechère aujourd'hui occupé par la rivière des Outaouais ; au nord-est, le graben du Saguenay aujourd'hui occupé par le fjord du Saguenay et les basses-terres du Saguenay–Lac-Saint-Jean ; au sud, le demi-graben des basses-terres du Saint-Laurent souligné par un contact physiographique important avec la province géologique de la plate-forme du Saint-Laurent.
La limite nord–nord-ouest s'appuie sur une différence marquée de l'altitude, qui traduit le contact entre la province géologique de Grenville au sud et la province du Supérieur au nord.
Climat
Trois unités climatiques se succèdent du sud au nord, et une quatrième, liée à l'altitude, occupe l'extrémité est. Si le sud des Laurentides méridionales jouit encore du climat le plus clément du Québec, la partie nord a un climat froid et humide, qui devient même très humide dans l'extrémité orientale (massif du lac Jacques-Cartier au nord de la ville de Québec).


Géologie
La province naturelle des Laurentides méridionales est entièrement comprise dans la province géologique de Grenville ; elle correspond aux racines d'un puissant massif de montagnes mis en place il y a près de 1 milliard d'années, mais fortement érodé depuis. L'assise géologique est constituée de roches intrusives très métamorphisées (gneiss).
Relief
Cette province naturelle est faite d'ensembles de basses collines, de plateaux et de dépressions entrecoupés, ici et là, de massifs plus élevés. L'altitude des massifs varie de 600 m à plus de 1 000 m , alors que le reste du territoire oscille entre 200 et 450 m .
Hydrographie
Deux grands bassins versants nord-sud (rivière des Outaouais et rivière Saint-Maurice) drainent l'essentiel de cette province naturelle. Mentionnons aussi les rivières du Lièvre et Gatineau, qui sont des affluents de la rivière des Outaouais. La densité des lacs est moyenne et leur taille plutôt petite, à l'exception de quelques grands réservoirs qui occupent les dépressions au centre-nord (réservoirs Cabonga, Baskatong et Gouin).

Dépôts de surface
Les dépôts glaciaires, souvent minces, recouvrent la plus grande partie du territoire ; ils sont associés à des affleurements rocheux sur bien des sommets des collines et des massifs. La majorité des fonds de vallées sont comblés par des dépôts de sable et de gravier, parfois épais. On retrouve aussi de nombreuses tourbières, souvent de petite taille.
Végétation actuelle et utilisation du sol
Les Laurentides méridionales sont surtout recouvertes de forêts mélangées. Cependant, les peuplements résineux prennent de l'importance sur les sols humides de la dépression centre-nord et sur les parties les plus élevées du massif du lac Jacques-Cartier à l'est. À l'opposé, les forêts feuillues dominent dans les parties les plus méridionales et dans la dépression de Mont-Laurier.
Faune
- Espèces abondantes ou représentatives : ours noir ; cerf de Virginie, au sud ; orignal, au nord ; pékan ; raton laveur ; castor ; achigan à petite bouche ; doré jaune ; omble de fontaine ; touladi ; tortue géographique.
- Espèces notables : tortue des bois ; tortue mouchetée ; couleuvre d'eau, au sud; esturgeon jaune ; omble chevalier (d'eau douce) ; rainette faux-grillon de l'ouest ; pipistrelle de l'est ; chauve-souris pygmée.
- Espèce introduite : caribou (Parc des Grands Jardins, réintroduit).
 
 
Source : Ministère du développement durable, de l'environnement et des Parcs, 2008. http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/aires_protegees/provinces/
Référence
Li, T. et J.P. Ducruc, 1999. Les provinces naturelles. Niveau I du cadre écologique deréférence du Québec. Ministère de l'Environnement, 90 p.
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